Restitution

Trésors Royaux d’Abomey : le retour historique de 2021

24 juillet 2026
Trésors Royaux d’Abomey : le retour historique de 2021

La grande majorité du patrimoine culturel africain se trouve aujourd’hui hors du continent, conservé dans des institutions occidentales telles que le musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, le musée du Quai Branly à Paris ou le British Museum à Londres. Une part importante de ces œuvres a été prélevée pendant la période coloniale, souvent dans des circonstances de violence et de conquête militaire.

Le Bénin en a fait l’expérience directe avec les trésors royaux du Danxomè (Abomey) : en 1892, lors de la conquête coloniale française du royaume, les troupes du général Alfred Dodds ont emporté plusieurs dizaines d’objets appartenant au patrimoine royal — trônes, sceptres, statues et objets de culte — aujourd’hui reconnus comme des symboles majeurs de l’histoire et de l’identité béninoises.

À la suite du discours prononcé par le Président français Emmanuel Macron à Ouagadougou en novembre 2017, dans lequel il s’engageait à créer les conditions de restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain, un rapport d’experts (le rapport Sarr-Savoy, remis en 2018) a établi les bases juridiques et méthodologiques de ce processus. Une loi française, adoptée le 24 décembre 2020, a autorisé la restitution définitive de 26 œuvres du Trésor d’Abomey à la République du Bénin.

Trésors royaux d'Abomey exposés

Les 26 œuvres sont arrivées à Cotonou fin octobre 2021, et leur restitution officielle a été célébrée les 10 et 11 novembre 2021. Une grande exposition publique, « L’Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui : de la restitution à la révélation », s’est ensuite tenue au Palais de la Présidence à Cotonou à partir de février 2022, accueillant plusieurs centaines de milliers de visiteurs béninois venus redécouvrir ce pan de leur histoire.

Ce retour constitue un moment fort pour la mémoire et l’identité béninoises, et résonne particulièrement pour la diaspora, engagée depuis longtemps dans la valorisation du patrimoine national. Il s’inscrit toutefois dans un mouvement plus large encore inachevé : la grande majorité des œuvres africaines pillées pendant la période coloniale demeure aujourd’hui en Europe, et la question de leur retour reste posée pour de nombreux pays du continent.

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